De l’autre côté du grillage

Ils sont enfermés. Ce sont eux qui l’ont voulu. Ils ont pris la décision d’entourer leur aire de vie, celle qui leur a été allouée par la municipalité, d’un grillage transparent mais résistant sur lequel ils ne font grimper aucune plante (certains ont la pudeur de le dissimuler sous des glycines ou du chèvrefeuille) mais eux ont préféré souligner leur enfermement centimètre par centimètre, en prendre la mesure, et le contempler tous les jours, le matin, en sortant, le soir, en rentrant.
La nudité du grillage leur permet de vérifier que ni un chat ni un hérisson ne le franchira.
Quant au dimanche, ils le passent toujours à l’intérieur de ces limites qu’ils ont eux-mêmes instaurées, et ils se livrent à diverses activités, dont tondre la pelouse. C’est la plus récurrente.
Personne ne sait quel crime ils expient.
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 Grillage

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Textes : Isabelle Pariente Butterlin 

Photos : Louise Imagine

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