Ils entrent

Ils arrivent, ils entrent, ils devinent des directions, des incitations à contourner, à retourner, ils devisent, ils perçoivent, ils passent, ils ne font pas même attention, ils descendent, ils suivent le rythme, les pas, les indications, sans manifester le moindre recul. Ils n’hésitent pas ; ils déchiffrent la ville, ils la connaissent, la parcourent, la traversent, ils la connaissent si bien qu’ils semblent ne pas la voir, ils la perforent de leur marche, de leur présence, ils trouent l’espace et se laissent happer par lui, ils n’hésitent pas, je ne les ai jamais vu marquer la moindre hésitation, il ne fait pas bon hésiter dans le flot de leur déferlement, il ne fait pas bon être le seul à hésiter dans la foule de ceux qu’ils sont, de ce qu’ils sont, hésiter suffit à rompre le rythme, à interrompre le déferlement, un bref instant. Puis on se fait piétiner.
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ils arrivent

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Textes : Isabelle Pariente Butterlin

Photos : Louise Imagine

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