Entremêlés

Dans un souvenir, nous les avons en partage, dans notre mémoire, dans des souvenirs, indistincts, juxtaposés les uns aux autres, entremêlés, il n’est même pas possible de les distinguer, tous les souvenirs de tous les parkings dans lesquels nous sommes descendus, dans lesquels nous avons tourné, cherchant une place, nous en avons tous dans notre mémoire, semblables, indistincts, nous ne les interrogeons jamais, jamais nous ne descendons dans ces strates de nos souvenirs, nous ne nous reportons à eux, pour vérifier un détail, pour lui adresser un sourire à travers le temps. ils sont entreposés dans un coin de notre mémoire, peut-être parfois nous souvenons-nous d’une portière ouverte sur un pan d’espoir, d’une attente plus vibrante que les autres, souvenir d’être allé, ou d’être revenu, d’avoir attendu, entendu, d’avoir déposé, d’être reparti seul ou d’en avoir fini avec l’absence, mais la plupart de ces scènes se diluent dans l’inexactitude, floutées par notre indifférence. Il y a, superposée entre le monde et nous, comme une buée qui nous en éloigne.

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Entremêlés

 

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Textes : Isabelle Pariente Butterlin

Photos : Louise Imagine

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2 réflexions sur “Entremêlés

  1. C’est pourtant bien mystérieux et troublant. Ainsi une fois, un inconnu croisé par hasard souffla sur mes verres de lunettes pour s’amuser et ajouter au trouble de ma myopie. Ainsi embué et ne voyant plus que les contours de son ombre, je savais que c’était encore elle. C’était se souvenir de serrer l’absence dans ses bras et cette vapeur d’eau des yeux qui montait qui montait et laissait un rideau de pluie opaque pour tout le jour, sans rémission possible, sans essuie glaces ; c’était se souvenir cette angoisse de ne plus jamais trouver la sortie du parking et d’y tourner longtemps, longtemps, en faisant crisser son coeur et ses pneus dans le sens des aiguilles couteaux d’une montre assassine.

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  2. (parfois aussi, on peut repenser à ces scènes d’un des épisodes de « Columbo ») (c’est une série étazunienne, qui met en scène un policier joué – joué – par Peter Falk (l’ami de John Cassavetes, qui je crois en réalisa un épisode) (pas celui-là) (Christophe Colomb a découvert l’Amérique), lequel policier en cabriolet (la marque française dont le pédégé actuel a doublé ses émoluments) qui la découvre -celle du nord- et celle d’Hollywood) (ce ne sont que parenthèses, elles sont un peu éloignées de votre travail, à toutes deux, mais de ce côté-ci, on pense…) (j’aime beaucoup votre jeu à toutes les deux) (j’aime aussi les souvenirs oui)

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